Thé à la menthe et Océan

Entre deux semaines de travail, entre deux semaines de pluie, entre les deux tours de l’élection présidentielle, une semaine de déconnexion totale au Maroc.

Il est 23 heures à Agadir, Mohammed nous récupère devant l’aéroport pour nous emmener au Surf Camp. A peine arrivés, tous nos sens sont éveillés. Odeur de sable, la langue arabe chatouille nos oreilles alors que le vent chaud effleure notre peau, bienvenue au Marocco !

Maroc
Une maison bleue, sur les bords de Taghazout

Nous logeons au Free Surf Camp, c’est la troisième année que nous allons chez Ahmed et toute son équipe. Ce surf camp est une évasion parfaite, une cure de bien être. En plus, les petites vagues sont aux rendez vous cette année et nous allons avoir du bon surf tous les jours. Notre spot de prédilection sera Tamri, ce beachbreak entre Taghazout et Imssouane qui rappelle nos plages landaises, en ajoutant de l’eau transparente et 4° supplémentaire !

Tamri
Tamri quand le vent se lève

Si je ne devais retenir qu’un seul moment pendant ce trip ? Ce serait cette folle session à Imsouanne. Je suis pourtant loin d’être un grand surfeur, mais je pense avoir pris l’une des vagues les plus longues de la session ce jour là.

Marché marocain
Une petite banane avant 4h de surf

Alors que la marée est encore basse, nous nous mettons à l’eau vers 10h30. La droite est bien en place, elle déroule sur une centaine de mètre avec une bon mètre sur les séries. Les locaux choppent toutes les bombes alors que les touristes, en dessous du pic partent sur des intermédiaires, déjà 10 fois plus longues que ce que nous pouvons connaitre sur nos spots habituels, tout le monde a le sourire à l’eau et cohabite bien. Petit à petit, la marée monte et le vent ce lève, et l’odeur du poisson grillé dans le port réveille nos appétits.

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Après avoir navigué entre les surfeurs dans la baie, les pêcheurs négocient leur cargaison de poissons frais à peine débarquée dans le port

Cependant quelque chose se trame plus bas dans la baie.. avec la marée montante une vague s’élève à  un 1m20 et déroule le long de la falaise.  Il n’y avait personne sur le Pic à part mon pote Yoyo. La plage avait disparu sous l’eau, il était donc impossible de revenir à pied au port, il fallait maintenant ramer contre le courant pour sortir de l’eau et rejoindre le 4×4 qui nous avait amené le matin même.

Il fait 35°, il est 14 heures et les bras commencent à manquer de forces, mais la vague est trop parfaite. Alors, nous décidons de rester sur le spot, en disant que chaque vague serait la dernière

Alors que nous nous apprêtions à rentrer manger, je devine une série de vague au loin m’arriver directement dessus. Je rame avec mes dernières forces au large. Je passe par dessus la première tout juste et j’aperçois la seconde vague derrière encore plus grosse et très tendue, c’est ma vague ! Je crie, je me retourne et je rame directement en diagonale car je suis bien inside. Le take-off est tendu mais ça passe ! Je reste bien en haut de l’ondulation car je vois que la section est bien rapide devant la falaise, les cailloux sont à quelques mètres devant moi mais je me lance et je pompe pour accélérer  ! Incroyable, je me retrouve alors dans la seconde Baie d’Imessouane, la vague déroule alors plus tranquillement, lève sous mes pieds et devient interminable.  Après 40 secondes de ride, la vague s’essouffle et mes jambes me lâchent. Je me réveille au milieu du désert, seul au milieu de rien, dans une eau transparente, après avoir surfer la plus belle vague de ma vie.

Port Maroc
Le calme plat de la pleine mer dans le port Marocain

Je retrouve mes esprits et je me rends compte que je dérive vers l’extérieur de la baie, dans l’euphorie de la session, je commence à ramer vers le large sans réfléchir, mais après 5 minutes je me rends compte que je n’avance pas. Je suis coincé contre la falaise par le courant. Je décide alors de grimper sur la falaise avec ma board pour réfléchir, je me rends compte que j’ai parcouru plus de 200 m, et je n’aperçois personne car j’étais au milieu de la seconde baie. Sous 35° au soleil, je commence donc une session d’escalade particulièrement pénible, en combinaison et avec ma planche de surf.  Honnêtement je n’ai aucune notion du temps de cet épisode, je sais seulement que c’était trop long. Au bout de quelques glissades, je réussi enfin a atteindre un rocher en dehors du courant de la baie, je profite d’une vague pour sauter par dessus et ramer avec mes dernières forces pour rejoindre la première baie. Une fois mon compère Yoyo, inquiet pour moi, retrouvé, nous sortons directement de la session pour enfin boire et manger.

Session de dingue. Voyage de fou. Shukran.

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Sur le chemin du retour, avant un petit thé à la menthe

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